8 mars 2021

 

Journée mondiale des droits des femmes lundi 8 mars

La situation n'était déjà pas brillante ! L'année 2020 a révélé encore plus de discriminations. L’impact socio-économique de la pandémie affecte les familles, particulièrement les femmes et les enfants.

Le confinement et la baisse des revenus ont augmenté la tension dans beaucoup de foyers, avec le constat de violences conjugales et intrafamiliales en nette hausse. Les affaires jugées récemment au tribunal de Lorient démontrent que c'est à notre porte que se jouent ces drames du quotidien.

Le télétravail et la garde d'enfants vont souvent de pair et les femmes en sont une fois de plus les premières victimes, contraintes de jongler entre le travail, l'éducation, les tâches domestiques...

Que dire aussi des écarts de salaire, toujours présents à hauteur de plus de 14% à l'échelle européenne ! Et l'accès aux soins et à l'assistance est devenu bien compliqué pour nombre de femmes en situation précaire (contraception, avortement, aide psychologique...).

Face à ces tristes constats, nous n'avons pas d'autre choix, encore une fois, que de nous mobiliser lundi 8 mars à Lorient, rdv à 15h place Aristide Briand.

Manif 8 mars

" Les femmes doivent prendre leur destin en mains" aimait à  dire Simone de Bollardiere.

Nous avons voulu marquer cette journée du 8 mars par un hommage à cette personnalité guideloise décédée il y a quelques mois, sous forme d'une rétrospective succincte de ses nombreux engagements pour plus d'humanité, de paix, de justice.

Toujours sensible à la cause des femmes, son dynamisme et sa combativité ont également été mis au service de l'écologie et des causes sociales. Un courrier a été remis à M. Le Maire en ce jour symbolique, avec la demande d'honorer cette grande militante guideloise par l'attribution d'une plaque apposée dans un lieu à convenir : jardin, allée, square, esplanade...

Simone de Bollardière : une vie remplie d’engagements

M. et Mme de Bollardière se sont installés dans le hameau du Vieux Talhouët à Guidel en 1962. C’était un havre de paix dans lequel ils recevaient volontiers. Simone accueillait amis et voisins avec simplicité, malice parfois, bienveillance et une détermination fidèle à son tempérament.

Simone de Bollardière se définissait comme une humaniste non violente et une écologiste depuis toujours. Ce sont les fondements d’une vie militante, des nombreux engagements qu’elle a pris tout au long de son existence. Selon ses proches, sa vie a été  guidée par un souci de justice et de paix. C’est une femme humaniste, une militante, une femme remarquable.

Déjà pendant la guerre, Simone lisait Gandhi et Martin Luther King et pensait que la violence n’était pas une solution pour les problèmes dans la société. Elle partagera ses réflexions et ses incertitudes en invitant son mari à reconsidérer l’impact de la guerre. Elle a joué un rôle central en lui faisant découvrir le thème de la non-violence lors d’une conférence à Lorient.

Les causes que Simone de Bollardière a défendues sont nombreuses : « toute ma vie, je me suis battue »

Elle affichera constamment son opposition à la torture en demandant que toute la vérité soit dite pour défendre l’honneur de la France lors de cette guerre. Elle a participé à la création d’une association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG). Cette lutte contre la torture l’a conduite à faire de nombreuses interventions à travers toute la France. A la Toussaint 2000, elle a co-signé l’appel des 12 contre la torture appelant l’Etat à condamner la torture pratiquée en Algérie. Ne rappelait t- elle volontiers que » Désobéir est parfois un devoir »

Puis les engagements en faveur de la non-violence s’enchaîneront : contre les essais nucléaires dans le Sahara et le Pacifique, contre la centrale nucléaire de Plogoff, contre le projet de camp militaire du Larzac, contre l’apartheid en Afrique du Sud, en qualité de Présidente d’honneur de l’Association de France Palestine Solidarité. Elle s’engagera dans le Mouvement pour une alternative non-violente (M.A.N.)

Son souci d’humanité l’a conduite à l’action en faveur de causes sociales. Elle a participé à l’installation d’une commission sociale à Guidel,  une anticipation  du futur CCAS. Dans le même esprit, elle a présidé l’association familiale de Quimperlé. Femme de conviction, elle sera toujours sensible à la cause des femmes répétant volontiers « Les femmes doivent prendre leur destin en mains »

Elle a milité avec son mari pour la défense de l’environnement en adhérant à Eau et RIvières de Bretagne et elle s’est présentée aux élections cantonales et régionales sous les couleurs écologistes

Elle sera responsable du Comité de Défense de la desserte ferroviaire de Quimperlé avec la conviction des Justes que l’arbitraire et le mépris scandalisent. En se plaçant sur la voie, elle entend protester contre la suppression de lignes et d’arrêts présentés comme non rentables.

Profondément bretons dans l’âme, ils ont tous les deux agi pour l’école Diwan  en présidant le comité de soutien avec ce propos en forme d’engagement: « pour retrouver à travers les langues des peuples qui refusent de mourir, une sagesse qui a su assurer la durée et l’épanouissement de la vie » selon leur propos.

Comme l’a dit sa fille Armelle «  Après la mort de son mari, elle poursuit avec intelligence et énergie les luttes pour la justice et la dignité humaine et soutient inlassablement les causes difficiles pour lesquelles elle est sollicitée. A 97 ans, elle n’a rien perdu de son esprit de révolte et de la vigueur de ses convictions »

Mme de Bollardière a vécu plusieurs vies en une seule. Elle était très investie pour un monde de justice et de paix, pour plus d’humanité. L’ensemble de ses actions demeure un exemple : son dynamisme, sa combativité ont fait merveille auprès de ceux qui l’ont côtoyée  dans ses engagements militants.

Nous devons nous en souvenir.